Un régime d’inflation, et non un simple point de donnée
L’indice des prix à la consommation (IPC) d’avril 2026 a progressé de 0,6 % d’un mois à l’autre et de 3,8 % sur 12 mois, mais c’est sa composition qui change la donne. L’énergie, l’alimentation, les biens de base et les services de base contribuent tous simultanément à la hausse mensuelle de l’indice. Les coûts de l’énergie sont en hausse de près de 18 % par rapport à l’an dernier. L’indice des prix à la production (IPP) a atteint 6 % sur 12 mois, son niveau le plus élevé depuis la fin de 2022. Les précédentes poussées inflationnistes étaient attribuables à une ou deux catégories de biens ou de services. Cette fois-ci, les pressions proviennent de toutes parts, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à écarter pour les banques centrales.
Les marchés réévaluent rapidement la situation
Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a atteint 4,7 % au cours de la semaine du 18 mai, soit un sommet sur 16 mois, tandis que celui des obligations à 30 ans a atteint 5,2 % en séance le 19 mai, un niveau inégalé depuis 18 ans. Le phénomène n’est pas limité aux États-Unis : Au Japon, le rendement des obligations à 30 ans a atteint un sommet historique. Au Royaume-Uni, les obligations d’État (gilts) ont enregistré leur rendement le plus élevé depuis 2008, tandis qu’en Allemagne, le rendement des obligations fédérales (bunds) a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Le Survey of Professional Forecasters a relevé sa prévision d’inflation pour le deuxième trimestre, mesurée par l’indice des prix à la consommation, de 2,7 % à 6 %, soit la plus importante révision à la hausse de l’histoire de cette enquête. Le scénario désinflationniste qui a guidé une grande partie de l’élaboration de portefeuille au cours des dernières années s’est essentiellement refermé. Si 3 % représente désormais un plancher plutôt qu’un plafond, les portefeuilles équilibrés traditionnels risquent d’être confrontés à des vents contraires persistants.
Pourquoi les approches multistratégies disposent d’un avantage
Les stratégies capables d’investir dans plusieurs catégories d’actif, de prendre à la fois des positions acheteur et vendeur et de tirer parti de la dispersion des rendements plutôt que de la seule direction des marchés sont mieux positionnées dans ce contexte. En avril, notre solution alpha multistratégie a reflété cette dynamique : la stratégie neutre au marché des actions a bénéficié d’une plus grande dispersion entre les titres; la stratégie crédit acheteur/vendeur a effacé trois mois consécutifs de pertes; les stratégies d’arbitrage ont contribué positivement dans chacun de leurs trois volets, notamment grâce à l’arbitrage de fusion soutenu par l’activité transactionnelle dans les secteurs de l’intelligence artificielle, des infrastructures de données et de l’énergie; enfin, la stratégie quantitative en actions a généré des rendements positifs chaque mois depuis le début de 2026. Les déséquilibres de marché et la dispersion des rendements créent actuellement un ensemble d’occasions particulièrement intéressant pour le déploiement actif du capital dans plusieurs catégories d’actif.
Les questions que les conseillers devraient se poser
Les clients disposent-ils de véritables sources de rendement non corrélées? L’exposition aux titres à revenu fixe est-elle positionnée de manière à composer avec un contexte de taux d’intérêt « plus élevés pour plus longtemps »? La répartition aux placements alternatifs du portefeuille est-elle structurée de façon à composer avec la complexité des marchés ou se contente-t-elle d’ajouter des coûts? Les rendements obligataires à long terme demeurent un risque important, l’émission de dette publique, la hausse des coûts d’intérêt et l’inflation liée à l’énergie exerçant toutes des pressions à la hausse. Dans un environnement où les actions et les obligations continuent d’évoluer dans la même direction, il ne s’agit pas de questions théoriques. Ce sont elles qui définiront les résultats des portefeuilles au cours des prochaines années.
Toutes les données proviennent des recherches de PICTON et de Bloomberg Inc. et sont en date du 12 mai 2026, sauf indication contraire.