
Comment se fait-il que le S&P 500 grimpe alors que les consommateurs éprouvent des difficultés financières?
Shechar Dworski, PhD, CFA – Chef des analyses économiques et directeur de la stratégie macroéconomique

POURQUOI LES OBLIGATIONS N’ONT-ELLES PAS PROGRESSÉ COMME PRÉVU LORSQUE LES ACTIONS ONT CHUTÉ?
Shechar Dworski PhD, CFA – Chef des analyses économiques et directeur de la stratégie macroéconomique
En mars, les actions ont chuté. Cela n’avait rien de surprenant : une guerre éclate, le prix du pétrole dépasse les 120 $ US le baril et les marchés réévaluent le risque. C’est le scénario habituel. Ce qui ne faisait pas partie du scénario, c’est que les obligations ont reculé elles aussi. Des milliers de milliards de dollars ont été effacés des marchés obligataires mondiaux en un seul mois, ce qui en a fait le pire mois depuis plus de trois ans.
Cela est particulièrement important, car toute l’architecture de l’élaboration de portefeuille traditionnelle repose sur une hypothèse : lorsque les actions baissent, les titres à revenu fixe offrent une protection. Cette corrélation négative constitue le pilier central du portefeuille 60/40, que de nombreux cadres de répartition institutionnels utilisent encore aujourd’hui. En mars, ce pilier s’est fissuré.
La raison est simple, mais les implications sont importantes. Les obligations protègent contre les chocs de croissance. Elles ne protègent pas contre les chocs inflationnistes. Or, le conflit en Iran n’était pas un choc de la demande; c’était un choc inflationniste. Le prix du pétrole ayant dépassé les 120 $ US le baril et les coûts de l’énergie se répercutant sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement, les banques centrales ont été contraintes d’adopter un ton restrictif plutôt que d’assouplir leur politique monétaire. Lorsque l’inflation est la menace, la même force qui met de la pression sur vos actions érode aussi le pouvoir d’achat des coupons de vos titres à revenu fixe. Il n’y a alors aucun effet compensatoire.
Considérez ceci : les rendements des obligations d’État à 30 ans aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon ont tous augmenté simultanément pendant le repli des marchés. Habituellement, au moins un grand marché d’obligations souveraines offre un refuge. Cette fois-ci, aucun ne l’a fait. La rupture de la corrélation a été mondiale et synchronisée.
La plupart des observateurs considèrent cela comme une anomalie. Pour ma part, je crois que cela soulève une question plus fondamentale. La corrélation négative entre les actions et les obligations sur laquelle nous nous sommes tous appuyés n’était pas une loi de la nature. Elle était le produit d’un régime désinflationniste qui a duré 40 ans : baisse des taux, inflation maîtrisée et mondialisation comprimant les coûts des intrants. C’est dans cet environnement que le portefeuille 60/40 a fonctionné de manière fiable.
Si ce régime est terminé, la question n’est pas de savoir si vos obligations ont connu un trimestre difficile. La question est de savoir si l’élément stabilisateur de votre portefeuille remplit encore son rôle.
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Shechar Dworski, PhD, CFA – Chef des analyses économiques et directeur de la stratégie macroéconomique

Sam Acton, CFA - Gestionnaire de portefeuille, co-chef des titres à revenu fixe

Jeff Bradacs, CFA – co-responsable des stratégies d’actions, Chef de la gestion de portefeuille et de la négociation
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